Là où la diplomatie gouvernementale a échoué, les filières de terrain bâtissent leurs propres alliances. ADASMAE est dans cette démarche, et une visio récente a posé les bases de la prochaine étape.
Ce que Bruxelles a révélé
Le règlement (UE) 2018/848 sur la production biologique continue de traiter la spiruline cultivée en bassins fermés comme une algue d’élevage en mer ouverte. L’administration française avait déjà tenté de faire bouger ce cadre, en portant une demande auprès de la Commission européenne. Résultat : classée sans suite, faute de soutien d’autres États membres.
ADASMAE n’avait pas été associée à cette démarche. C’est lors d’une visio réunissant la DGAMPA, l’INAO, la DGPE, la FSF et la FAP que la situation a été pleinement mise sur la table.
Une nouvelle méthode, plus solide
La leçon de l’échec précédent est claire : une demande administrative isolée ne suffit pas. La nouvelle approche repose sur deux temps distincts.
D’abord, un rapport technique et scientifique porté par les professionnels eux-mêmes, concret, chiffré, centré sur ce qui n’a pas encore été soumis à la Commission. La FSF dispose déjà d’une base d’argumentaire, en cours de consolidation. Ensuite seulement, l’administration (DGAMPA, INAO, DGPE) rédigera une nouvelle NAF pour apporter son soutien politique à ce rapport.
Cette séquence est importante : la demande doit venir du terrain, pas de l’administration seule.
La dimension européenne, condition sine qua non
La réunion l’a dit sans détour : sans soutien d’autres pays membres, aucune évolution réglementaire n’est possible. La filière européenne de la spiruline reste encore peu organisée à l’échelle du continent. Certains producteurs espagnols et portugais adhèrent à la FSF, mais il n’existe pas encore d’organisation de producteurs équivalente dans les autres pays.
C’est précisément là qu’ADASMAE a un rôle à jouer. Fondée sur la conviction que seul on n’avance pas, l’association travaille depuis plusieurs années à construire des ponts avec ses homologues européens, dont l’AISAM en Italie. Des contacts sont également en cours avec l’EABA (l’association européenne des algues). L’objectif est clair : montrer à Bruxelles que le problème des intrants pour la spiruline bio n’est pas franco-français, mais bien européen.
La réglementation bio pour la spiruline ne changera pas en un jour. Mais elle changera, si nous la construisons ensemble.
Source : J.O. Assemblée Nationale, question écrite n°11850 du 21 juillet 2026 — Lire l’article de référence
